Aller au contenu

Site indépendant de préparation — sans lien avec le Réseau ScPo ni avec les instituts d'études politiques.

← Histoire

Histoire : Les relations entre les puissances et les modèles politiques, des années 1930 à nos jours

Vous analyserez les objectifs et les limites de la détente entre l'Est et l'Ouest, de la fin des années 1960 au milieu des années 1970.

Analyse de documents au format du concours commun : 2 h, coefficient 3.

Le sujet

À partir d'une analyse critique de ces deux documents et de vos connaissances, vous analyserez les objectifs et les limites de la détente entre l'Est et l'Ouest, de la fin des années 1960 au milieu des années 1970.

Document 1

« Les futures tâches de l'Alliance », rapport du Conseil de l'Atlantique Nord dit « rapport Harmel », du nom du ministre belge des Affaires étrangères Pierre Harmel, à l'initiative de l'étude ; daté du 13 décembre 1967, approuvé par les ministres des Affaires étrangères des quinze pays de l'Alliance le 14 décembre 1967 ; texte officiel français publié par l'OTAN (extraits ; les numéros sont ceux des paragraphes du rapport).

4. Depuis la signature du Traité de l'Atlantique Nord en 1949, la situation internationale a changé de façon notable et les tâches politiques de l'Alliance ont pris une dimension nouvelle. L'Alliance a notamment joué un rôle majeur dans l'arrêt de l'expansion communiste en Europe ; l'Union soviétique est devenue l'une des deux superpuissances mondiales, mais le monde communiste n'est plus monolithique ; la doctrine soviétique de la « coexistence pacifique » a modifié la nature de l'affrontement avec l'Ouest, mais non les problèmes fondamentaux. Bien que la disparité entre la puissance des Etats-Unis et celle des Etats européens subsiste, l'Europe s'est relevée et est en marche vers son unité. (...)

5. L'Alliance atlantique a deux fonctions essentielles. La première consiste à maintenir une puissance militaire et une solidarité politique suffisantes pour décourager l'agression et les autres formes de pression et pour défendre le territoire des pays membres en cas d'agression. (...) Dans ces conditions, les Alliés maintiendront un potentiel militaire suffisant pour assurer l'équilibre des forces et créer ainsi un climat de stabilité, de sécurité et de confiance.

Dans ce climat, l'Alliance peut s'acquitter de sa seconde fonction, c'est-à-dire poursuivre ses efforts en vue de progresser vers l'établissement de relations plus stables qui permettront de résoudre les problèmes politiques fondamentaux. La sécurité militaire et une politique de détente ne sont pas contradictoires mais complémentaires. (...) La participation de l'URSS et des USA sera nécessaire pour le règlement des problèmes politiques en Europe. (...)

8. (...) Aucun règlement définitif et stable en Europe n'est cependant possible sans une solution de la question allemande, qui est au coeur des tensions actuelles en Europe. Tout règlement de ce genre devra faire disparaître les barrières artificielles entre l'Europe de l'Est et l'Europe de l'Ouest, barrières dont la division de l'Allemagne constitue la manifestation la plus évidente et la plus cruelle.

9. (...) Le relâchement des tensions n'est pas l'objectif final, mais fait partie d'un processus à long terme visant à améliorer les relations et à favoriser un règlement européen. Le but politique ultime de l'Alliance est de parvenir à un ordre pacifique juste et durable en Europe, accompagné des garanties de sécurité appropriées. (...)

  1. Coexistence pacifique : formule lancée par Nikita Khrouchtchev au XXe Congrès du parti communiste de l'URSS, en février 1956.
  2. USA : États-Unis d'Amérique.

Texte lu sur : OTAN, textes officiels : « Les futures tâches de l'Alliance » (rapport Harmel), 13 décembre 1967

Document 2

Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, signé à Helsinki le 1er août 1975 par les Hauts Représentants de trente-cinq États, dont les États-Unis, le Canada, l'URSS, la République fédérale d'Allemagne et la République démocratique allemande ; extraits de la « Déclaration sur les principes régissant les relations mutuelles des Etats participants » (texte français publié par l'OSCE).

(...) Déclarent qu'ils sont résolus à respecter et à mettre en pratique, chacun d'entre eux dans ses relations avec tous les autres Etats participants, indépendamment de leur système politique, économique ou social ainsi que de leur dimension, de leur situation géographique ou de leur niveau de développement économique, les principes suivants, tous d'une importance primordiale, qui régissent leurs relations mutuelles :

I. Egalité souveraine, respect des droits inhérents à la souveraineté. (...) Ils considèrent que leurs frontières peuvent être modifiées, conformément au droit international, par des moyens pacifiques et par voie d'accord. (...)

III. Inviolabilité des frontières. Les Etats participants tiennent mutuellement pour inviolables toutes leurs frontières ainsi que celles de tous les Etats d'Europe et s'abstiennent donc maintenant et à l'avenir de tout attentat contre ces frontières. En conséquence, ils s'abstiennent aussi de toute exigence ou de tout acte de mainmise sur tout ou partie du territoire d'un autre Etat participant. (...)

VI. Non-intervention dans les affaires intérieures. Les Etats participants s'abstiennent de toute intervention, directe ou indirecte, individuelle ou collective, dans les affaires intérieures ou extérieures relevant de la compétence nationale d'un autre Etat participant, quelles que soient leurs relations mutuelles. (...)

VII. Respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, y compris la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction. Les Etats participants respectent les droits de l'homme et les libertés fondamentales, y compris la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion. (...) Ils confirment le droit de l'individu de connaître ses droits et devoirs dans ce domaine et d'agir en conséquence. (...)

  1. La Conférence s'est ouverte à Helsinki le 3 juillet 1973 et s'est poursuivie à Genève du 18 septembre 1973 au 21 juillet 1975.
  2. L'Acte final précise lui-même qu'il n'est pas recevable pour être enregistré comme traité au titre de l'article 102 de la Charte des Nations Unies.

Texte lu sur : OSCE : Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, Helsinki, 1975 (texte français, PDF)

Les sujets du site portent sur des textes et des tableaux ; l'épreuve officielle comporte aussi des documents iconographiques.

Le corrigé

Le corrigé établi par le site (présentation critique des documents, problématique, plan détaillé, introduction et conclusion rédigées, connaissances attendues, erreurs à éviter) est compris dans le Pass Concours commun 2027.

Le Réseau ScPo écrit qu'aucune préparation privée n'est nécessaire pour se présenter au concours commun. Le sujet reste en accès libre : vous pouvez le composer sans le corrigé.

Sujet et corrigé rédigés par le site. Dernière relecture le 1er octobre 2026. Sources consultées :